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Expatriés : gérer son patrimoine en France quand on est non-résident

20 juin 202610 min de lectureAC Patrimoine

Partir vivre à l'étranger ne coupe pas vos liens patrimoniaux avec la France. Assurance-vie, immobilier, PEA, IFI : voici comment ils sont traités quand vous devenez non-résident, et les réflexes pour ne pas commettre d'erreur.

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Avant de lire

Cet article donne les principes généraux du droit français. Le traitement exact de chaque revenu dépend de la convention fiscale entre la France et votre pays de résidence. C'est une information générale, pas un conseil personnalisé.

Points clés

  • Tout part de votre résidence fiscale : un seul critère rempli suffit à vous rattacher à la France.
  • L'assurance-vie reste un atout : pas d'imposition sans rachat, prélèvements sociaux exonérés.
  • L'immobilier en France reste imposé en France (revenus fonciers, plus-value, IFI).
  • Le PEA se conserve, le Livret A aussi : on garde plus de produits qu'on ne le croit.
  • Les prélèvements sociaux tombent souvent à 7,5 % si vous êtes affilié à un régime EEE ou suisse.

La résidence fiscale décide de tout

Avant de parler placements, une seule question compte : êtes-vous résident fiscal français ou non ? Tout en découle. Le droit français (article 4 B du Code général des impôts) retient trois critères, et un seul suffit pour être considéré comme résident fiscal en France :

  • Votre foyer (famille) ou votre lieu de séjour principal est en France.
  • Vous y exercez votre activité professionnelle principale.
  • Le centre de vos intérêts économiques (vos principaux revenus, investissements) est en France.

Si aucun de ces critères n'est rempli, vous êtes non-résident : vous n'êtes alors imposé en France que sur vos revenus de source française. La convention fiscale entre la France et votre pays d'accueil vient préciser qui taxe quoi, pour éviter la double imposition. Le reste de cet article suppose que vous êtes non-résident.


Assurance-vie

Bonne nouvelle : vous pouvez en général conserver votre assurance-vie française en partant, et parfois en ouvrir une à distance (certains assureurs restreignent selon le pays, notamment les États-Unis). Tant que vous ne faites pas de rachat, il n'y a aucune imposition en France.

Deux atouts pour un expatrié : les prélèvements sociaux (17,2 %) sont exonérés sur les produits d'un non-résident, et au moment du rachat, le prélèvement français peut être réduit, voire supprimé, selon la convention (l'imposition revenant alors à votre pays de résidence). L'assurance-vie reste aussi un excellent outil de transmission, qui vous suit où que vous viviez. On détaille l'enveloppe dans notre guide assurance-vie.


Immobilier en France

L'immobilier est le cas le plus simple à comprendre : un bien situé en France reste imposé en France, quel que soit votre lieu de résidence. Trois sujets à connaître.

Les revenus locatifs sont soumis au barème, avec un taux minimum de 20 % jusqu'à environ 29 579 € (revenus 2025) puis 30 % au-delà. Vous pouvez demander l'application du « taux moyen » (calculé sur vos revenus mondiaux) s'il vous est plus favorable.

La plus-value de revente est taxée à 19 % d'impôt, plus les prélèvements sociaux, avec des abattements pour durée de détention (exonération progressive au fil des années). Au-delà d'un certain prix de vente, un représentant fiscal peut être exigé (dispense automatique si le prix est inférieur ou égal à 150 000 €).

Enfin, l'IFI reste dû sur votre patrimoine immobilier situé en France, s'il dépasse 1,3 M€ net taxable. On revient sur la stratégie immobilière dans notre page immobilier patrimonial.


Épargne réglementée & PEA

On surestime souvent ce qu'on « perd » en partant. Le Livret A se conserve (le LDDS aussi s'il a été ouvert avant le départ) ; ses intérêts subissent une retenue à la source dont le taux dépend de la convention.

Le PEA n'a plus à être clôturé en cas d'expatriation depuis 2012 : vous le gardez, sauf si vous vous installez dans un État ou territoire non coopératif (ETNC). Mieux, pour un non-résident, le gain réalisé lors d'un retrait est en principe hors du champ de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux français (l'imposition relève alors de votre pays de résidence, selon la convention).


Prélèvements sociaux

C'est l'un des points les plus mal connus, et il peut faire économiser gros. Depuis 2019, si vous êtes affilié à un régime de sécurité sociale d'un pays de l'EEE (Union européenne, Islande, Norvège, Liechtenstein) ou de Suisse, vous êtes exonéré de CSG et de CRDS sur vos revenus du patrimoine français. Il ne reste que le prélèvement de solidarité de 7,5 %, au lieu de 17,2 %.

À ne pas oublier

Cette exonération n'est pas automatique : il faut la demander dans votre déclaration (cases 8SH / 8SI). Hors EEE et Suisse, le taux plein de 17,2 % s'applique.


Récapitulatif

En un coup d'œil, le traitement de vos principaux actifs français en tant que non-résident :

Actif / sujetRègle pour un non-résident
Revenus fonciers (location en France)Imposés en France. Taux minimum 20 % jusqu’à ~29 579 € (revenus 2025), 30 % au-delà. Option du « taux moyen » si plus favorable.
Plus-value immobilière19 % d’impôt + prélèvements sociaux (7,5 % ou 17,2 %). Abattements pour durée de détention. Représentant fiscal possible (dispense si prix ≤ 150 000 €).
Prélèvements sociaux7,5 % (prélèvement de solidarité) si vous êtes affilié à un régime social d’un pays EEE ou de Suisse ; 17,2 % sinon.
IFIDû sur votre patrimoine immobilier situé en France, au-delà de 1,3 M€ net taxable.
Assurance-vieAucune imposition tant qu’il n’y a pas de rachat. Prélèvements sociaux exonérés. Au rachat, fiscalité réduite ou supprimée selon la convention.
PEAConservable depuis 2012 (sauf résidence dans un État non coopératif). Pour un non-résident, le gain est en principe hors champ de l’impôt et des PS français.
Livret AConservable. Intérêts soumis à une retenue à la source dont le taux dépend de la convention fiscale.

Anticiper le retour

Le retour en France se prépare aussi. Dès que vous redevenez résident fiscal, vous êtes de nouveau imposé sur vos revenus mondiaux. Certaines opérations (rachats, cessions, arbitrages) sont parfois plus avantageuses tant que vous êtes encore non-résident : les anticiper, plutôt que de les subir au retour, change le résultat. C'est typiquement un point à cadrer avec un horizon de quelques mois à l'avance.


Le réflexe & les sources

Le bon réflexe d'expatrié tient en une phrase : avant chaque décision, vérifier la convention fiscale entre la France et votre pays de résidence, car c'est elle qui tranche. Les règles ci-dessus sont les principes français, à jour 2025-2026, mais votre situation peut comporter des spécificités (pays, statut, type de revenus).

Sources

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Contenu publié à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé ni une incitation à investir. Tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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